Déclaration de Malibu:

Les villes et la conservation dans les écosystèmes de type méditerranéen

 

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Les cinq régions du monde ayant un climat de type méditerranéen sont aussi parmi celles où l’impact humain sur l’environnement est le plus important. Cette situation a de sérieuses conséquences sur les systèmes naturels de ces régions comme pour les millions de personnes qui y vivent.

 

Les climats de type méditerranéen ont des hivers tempérés et pluvieux et des étés chauds et secs. On les rencontre dans cinq parties du monde, très éloignées les unes des autres :

 

-- en Australie, parties méridionales de Western Australia, South Australia et Victoria

 

-- en Californie, avec de petites extensions contiguës dans l’Etat d’Oregon (USA) et de Basse Californie (Mexique)

 

-- au Chili Central

 

-- dans la région du Cap (Afrique du Sud)

 

-- dans une grande région, centrée sur le bassin méditerranéen, qui s’étend sur 30 pays d’Afrique du Nord, du Sud de l’Europe et de l’Ouest de l’Asie.

Les écosystèmes des régions de type méditerranéen sont d’une extraordinaire richesse en biodiversité. Ainsi, bien que ne couvrant que 2,5 % de la surface terrestre, ils recèlent 20 % des espèces déterminées des plantes vasculaires, soit plus de 26 000 espèces endémiques. Toutefois par unité de surface, elles sont confrontées à des menaces immédiates bien plus importantes que tout autre région de la Terre riche en espèces.

 

L’urbanisation effrénée est la principale menace qui concerne la biodiversité de ces régions. Il s’agit aussi de la menace principale planant sur la santé et le bien-être des personnes qui y vivent. Les climats agréables de ces régions de type méditerranéen en font des zones d’attraction pour la migration et le tourisme. Elles incluent douze des plus grandes villes du monde mais il faut noter que la majeure partie de leurs développements se fait dans les quartiers périphériques, des petites localités et des communautés agricoles et de villégiature.

 

Les principaux problèmes liés à l’urbanisation sont :

 

-- l’élimination de la végétation indigène

-- l’extension des espèces animales et végétales invasives exogènes qui remplacent les espèces indigènes et désorganisent les systèmes naturels

-- les feux catastrophiques à l’interface ville-espace naturel et dans les peuplements forestiers

-- la pollution de l’air

-- la sur-exploitation des eaux souterraines

-- la mauvaise qualité de l’eau douce

-- la pollution marine liée aux effluents urbains

Les régions de type méditerranéen sont particulièrement sensibles au changement climatique qui semble rendre leurs étés plus chauds et secs. Pour les aires urbaines, cela signifiera une augmentation des niveaux de pollution par les poussières fines et d’ozone, deux risques sérieux pour la santé humaine. Les ressources en eau semblent être de moins en moins assurées. Les aires semi-arides de ces régions sont en cours de désertification.

 

Les modes de vie de ces régions négligent souvent la prise en compte des limites de leurs systèmes naturels comme par exemple construire au sein de forêts d’espèces aisément inflammables ou gaspiller l’eau. Les politiques publiques et l’éducation à l’environnement sont souvent établies sur des modèles de régions aux climats différents.

 

Sans aucun doute, il existe aussi un aspect positif de l’intervention humaine sur les environnements de type méditerranéen. On peut citer des exemples de cités et de villes peu étendues et bien gérées. Nombre de paysages traditionnels ont été cultivés ou pâturés de façon équilibrée pendant des siècles. Dans certains pays, des espaces de haute qualité naturelle sont soigneusement protégés. Toutefois, la tendance générale est plutôt à la dégradation.

 

Réunis à Malibu, Californie, pour un Atelier Med-5 visant à définir un programme intercontinental sur les villes et la conservation dans les écosystèmes de type méditerranéen, nous, gestionnaires, scientifiques et planificateurs des cinq régions de type méditerranéen :

 

APPELONS les responsables politiques, les gouvernements à tous les niveaux, les citoyens et le secteur privé à :

 

-- étendre et renforcer les systèmes d’aires protégées pour sauvegarder et restaurer les éléments restants des écosystèmes de type méditerranéen face au développement tentaculaire des villes et au changement climatique ;

 

-- favoriser l’accès des urbains à la nature ; éduquer les citoyens vivant dans les régions de type méditerranéen du caractère particulier de leurs environnements et aux nombreux bénéfices qu’ils peuvent en retirer ;

 

-- promouvoir des villes soucieuses d’un développement durable et adopter une approche intelligible favorisant les décisions qui reconnaissent l’interdépendance des villes avec des environnements plus vastes ;

 

APPUYONS l’organisation d’un programme intercontinental sur les villes et la conservation des écosystèmes de type méditerranéen en vue de faciliter les échanges d’informations et d’expériences, de former des responsables, de développer des politiques et des outils éprouvés pour la gestion et l’éducation du public, de donner une place à ces régions dans la communauté internationale dédiée à la conservation ;

 

CONSIDERONS ce programme comme une occasion de trouver les moyens de mettre ensemble les spécialistes de la conservation, de l’urbanisme, de la gestion et de la planification pour œuvrer à des objectifs communs ;

ENCOURAGEONS le 3ème Congrès mondial de la Nature qui se tiendra à Bangkok (Thaïlande) en novembre 2004 à reconnaître l’importance des écosystèmes de type méditerranéen ainsi que les menaces qui pèsent sur eux, et à demander aux gouvernements et aux organisations intergouvernementales de décider d’une Décennie d’Action pour les protéger.

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Traduction: Comité Français pour l'UICN

Documentation:  Voir version anglaise 


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